Patrick Giguère est un compositeur et musicien montréalais. Il crée des œuvres pour des formations allant du solo à l’orchestre, avec un intérêt particulier pour les projets de longue haleine développés en collaboration avec les interprètes. Son travail intègre régulièrement l’improvisation et explore l'espace fertile entre différentes façons de concevoir la musique. Sa musique a été présentée en concert, enregistrée et diffusée à la radio au Canada, aux États-Unis, au Brésil et en Europe par de nombreux artistes et ensembles.
Il s'efforce de communiquer un propos musical direct, savoureux, sensuel, intense et vivant. En ces temps troublés, il est convaincu que la pratique artistique est plus cruciale que jamais, puisqu'elle ouvre un espace de rencontre entre les gens, mais aussi entre la rationalité et les émotions, entre la physicalité et la spiritualité. À ses yeux, l'art ne relève pas d'un zero-sum game ; il prend toute sa valeur lorsqu'il est partagé.
Son album Intimes exubérances, réalisé avec la pianiste Cheryl Duvall, est paru en 2024 sur le label Redshift. Sa musique figure sur l'album Panufnik Legacies III du London Symphony Orchestra, sous la direction de François-Xavier Roth, sur Confluences de David Brongo, ainsi que sur Raging Against the Machine du Thin Edge New Music Collective. Prochainement paraîtront ses albums Lui avec Paramirabo sur le label ATMA Classique et Ce qui frémit sur le label Ambiances magnétiques.
Patrick Giguère est un compositeur et musicien montréalais. Il crée des œuvres pour des formations allant du solo à l’orchestre, avec un intérêt particulier pour les projets de longue haleine développés en collaboration avec les interprètes. Son travail intègre régulièrement l’improvisation et explore l'espace fertile entre différentes façons de concevoir la musique. Sa musique a été présentée en concert, enregistrée et diffusée à la radio au Canada, aux États-Unis, au Brésil et en Europe par de nombreux artistes et ensembles.
Il s'efforce de communiquer un propos musical direct, savoureux, sensuel, intense et vivant. En ces temps troublés, il est convaincu que la pratique artistique est plus cruciale que jamais, puisqu'elle ouvre un espace de rencontre entre les gens, mais aussi entre la rationalité et les émotions, entre la physicalité et la spiritualité. À ses yeux, l'art ne relève pas d'un zero-sum game ; il prend toute sa valeur lorsqu'il est partagé.
Son album Intimes exubérances, réalisé avec la pianiste Cheryl Duvall, est paru en 2024 sur le label Redshift. Sa musique figure sur l'album Panufnik Legacies III du London Symphony Orchestra, sous la direction de François-Xavier Roth, sur Confluences de David Brongo, ainsi que sur Raging Against the Machine du Thin Edge New Music Collective. Prochainement paraîtront ses albums Lui avec Paramirabo sur le label ATMA Classique et Ce qui frémit sur le label Ambiances magnétiques.
En 2022, son œuvre Émettre un son, vérifier sa propre existence a été diffusée par le Centre de musique canadienne. Revealing a été créée en 2018 par le London Symphony Orchestra au Barbican, sous la direction de Susanna Mälkki. À l’automne 2018, il a participé à la tournée canadienne Génération 2018 de l’ECM+. Son œuvre Le sel de la terre a remporté le troisième prix Serge-Garant de la Fondation SOCAN en 2015 et a été diffusée sur les ondes de BBC Radio 3. En 2016, le Quatuor Bozzini a créé Et maintenant à Utrecht dans le cadre du Festival Gaudeamus. Il a aussi travaillé avec d’autres ensembles, tels qu'Aventa Ensemble, le Nouvel Ensemble Moderne, le Birmingham Contemporary Music Group, Exaudi et l’Orchestre de la francophonie.
Il a obtenu en 2018 un doctorat au Royal Birmingham Conservatoire, en Angleterre, après avoir étudié à l’Université Laval, où il a obtenu sa maîtrise et son baccalauréat. Pendant ses recherches inspirées du duende, il s’est intéressé à spontanéité, l’authenticité et la physicalité au sein d’un processus créatif. Depuis 2019, la collaboration et l’improvisation se taillent une place de plus en plus grande dans son travail, notamment à la suite d'une résidence qu’il a effectuée à la Vila Sul, à Salvador de Bahia, au Brésil. Il a terminé en 2025 un postdoctorat à l’Université de Montréal et au Centre des musiciens du monde portant sur la collaboration interculturelle, notamment le dialogue entre les musiques classiques perses et occidentales.
À la suite d'un projet de développement professionnel mené en 2022 à Montréal, en Irlande et au pays de Galles, Patrick joue désormais régulièrement des synthétiseurs. Il a notamment participé à la création de Nour, de Hooshyar Kahyaan et Elham Manouchehri.
Parmi ses professeurs, mentionnons Joe Cutler, Howard Skempton et Éric Morin. Il a aussi travaillé, dans le cadre de stages ou d'académies, avec Michael Finnissy, Ana Sokolovic, Andrew Toovey, Richard Ayres, Andrew Hamilton, Martijn Padding, Colin Matthews, Karin Rehnqvist, Michel Gonneville, Sydney Hodkinson, George Tsontakis, Gary Kulesha, Chen Yi, Denys Bouliane et John Rea.
Il a œuvré au sein de plusieurs organisations dédiées à la musique d’aujourd’hui, dont l’Ensemble Lunatik, qu’il a fondé en 2010 et dont il a assuré la direction musicale et artistique jusqu’en 2014, Erreur de type 27, dont il fut directeur artistique de 2013 à 2015, Codes d’accès, où il a occupé le poste de directeur général de 2018 à 2019, et le Festival international de musique actuelle de Victoriaville, dont il a été codirecteur administratif de 2019 à 2021. Il est maintenant compositeur et musicien indépendant.
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai ressenti un inconfort envers le monde tangible, le sentiment qu’il manquait quelque chose à ce qui m’entourait. Ça m’aura pris des années, des voyages, des lectures et des rencontres fracassantes pour comprendre d’où ça venait, que je n’étais pas seul à vivre ça et d’accepter que ça n’allait pas me quitter. Que c’était une déception envers la société — enfin ma société, au Québec, en Amérique du Nord, en Occident, au 21e siècle — qui avait arrêté de s’émerveiller, avait comme capitulé devant la laideur du pratico-pratique, avait décidé que les questions existentielles, c’était trop de trouble, et que pas mal toutes les dimensions de l’expérience humaine pouvaient s’exprimer dans des classeurs Excel.
Mon besoin de créer, il vient de là. J’ai besoin, à travers la création musicale, d’insuffler à mon expérience du réel, et par extension à tous ceux et celles qui jouent et écoutent ma musique, une dose de beauté, de poésie. J’essaie de remplir l’insipide à coups de sons, de mélodies et d’harmonies, d’expériences partagées, intenses, et de complicité.
Je refuse l’idée que tout ce qui a de la valeur doive pouvoir être mesuré et optimisé. Certaines expériences sont précieuses précisément parce qu’elles échappent à ces logiques matérialistes. Pour moi, créer, c’est apprendre à habiter le monde et à y percevoir sa magie, rendue invisible par les habitudes, les conventions et la précarité de nos vies.
Plus les années passent, plus je fais confiance à ma sensibilité pour me guider dans mon processus créatif. J’explore librement, à la recherche de mon propre émerveillement, de ce sentiment puissant de fraîcheur. Je cultive ensuite mes trouvailles organiquement afin de les transmettre de la façon la plus directe et intense possible aux interprètes et auditeur·trices.
C’est un processus d’une profonde intériorité qui fait remonter plein de choses à la surface et qui m’apprend beaucoup sur moi-même. Je dois constamment répondre à des questions initialement musicales, mais qui déteignent immanquablement sur le personnel : pourquoi est-ce que j’ai pris cette décision ? Où est-ce que je m’en vais ? J’arrive de où exactement ? Qu’est-ce que je tente d’exprimer ?
Pour moi, la musique est un art vivant, qui vit sur scène, à travers le corps de musicien·nes, et qui goûte bien meilleur lorsqu’il est partagé. C’est pourquoi je m’efforce, grâce à la pratique de l’improvisation, à une conscience du corps en mouvement et à des collaborations étroites et répétées avec les musicien·nes, de créer des performances musicales intenses et humaines. Je compose pour et avec des personnes, je leur fais confiance et je ne tente pas de tout contrôler. Improviser, c’est accepter de ne pas tout savoir d’avance, de se rendre disponible à ce qui advient et de faire confiance à notre capacité collective de donner forme à l’inattendu.
En cette période de profonds bouleversements, de pertes de points de repère et de traditions, je suis convaincu que le rôle des artistes est plus crucial que jamais. Les solutions aux défis du 21e siècle ne seront pas seulement scientifiques et économiques ; il faudra bien un jour convaincre, rassembler et mobiliser. C’est à cela que les artistes peuvent contribuer. Ils et elles ont une facilité à naviguer entre les différentes dynamiques sociales qui leur permet de comprendre des points de vue opposés, de saisir ce qui unit les gens provenant d’horizons divers et de prendre conscience des particularités et des préconceptions de leur propre culture. En effet, chaque type de musique, chaque tradition musicale porte en elle des valeurs et des façons d’entrer en relation avec l’autre ; chaque manifestation musicale incarne une version idéalisée du vivre ensemble.
À rebours d’une logique où les gains des uns se font nécessairement aux dépens des autres, je crois en la possibilité de créer des expériences où l’enrichissement de chacun contribue à celui de tous. Elle nous rappelle que nous pouvons produire ensemble quelque chose qu’aucun de nous n’aurait pu accomplir seul, sans que nos différences aient besoin de disparaître pour y parvenir.
La musique a cette capacité de consacrer le moment, de faire vibrer l’intérieur tout comme l'extérieur et de réunir le monde. C’est le pain et le beurre des artistes : aller au-delà des évidences, faire beaucoup avec pas grand-chose, réinventer le vivre ensemble et construire la société qu’on se souhaite.